Les faux altruistes

Tout comme on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, j’ai appris à mes dépens qu’on n’aide pas quelqu’un qui n’en a pas exprimé l’envie. Certains en effet vivent l’aide comme une tentative de les dominer. Ils rejettent ou critiquent alors le soutien ou les conseils proposés.

Honorons leur liberté et laissons-les vivre leur propre expérience, gardons nos conseils, notre bonne volonté, notre envie d’aider, de sauver, pour qui en aura fait la demande.

métis 260J’avais tendance à m’ingérer dans le travail de mon compagnon, à lui donner des conseils lorsqu’il ne m’avait rien demandé, à faire les choses à sa place croyant l’alléger de sa surcharge de travail. Cela lui était insupportable. J’avais peur pour lui, peur de l’échec du projet, peur qu’il s’épuise, peur qu’il se trompe et je tentais de le sauver au mieux. J’avais envie aussi qu’il soit émerveillé de tout l’altruisme dont je faisais preuve. Par chance, il ne l’a jamais applaudie! J’ai donc appris à me désinvestir d’aide et conseils qu’il n’avait pas sollicités. J’apprends jour après jour à lui faire confiance dans ses choix même si je le vois traverser des expériences douloureuses que j’aurai préféré lui éviter.

Avoir confiance en l’autre, dans le fait qu’il a les réponses en lui, qu’il a la capacité à résoudre ses problèmes et qu’il est le seul libre-arbitre de son expérience, nous évite de nous positionner en faux gentils. Dans mon cas, aider mon compagnon, c’était se substituer à lui en le croyant incapable de s’en sortir seul. Ce n’était pas l’aider mais lui montrer que je n’avais pas assez confiance en lui, et le rendre dépendant. Du faux altruisme par manque de confiance en l’autre.

Si le rejet de notre aide par l’autre nous est douloureux, c’est souvent parce que notre volonté de l’aider était intéressée. Nous avons appris à être gentil par peur qu’on nous accuse d’égoïsme et qu’on nous rejette. Notre altruisme permet alors de nous valoriser, de tenir un rôle gratifiant, de nous faire aimer. Du faux altruisme par manque d’estime de soi.

En faisant silence, nous saurons discerner si nous sommes en train d’aider l’autre de manière ajustée dans une co-création gagnant-gagnant.

Voici trois façons de vérifier si notre aide est ajustée et « gagnant-gagnant ». Arrêtons-nous d’aider si :

  • Si l’autre refuse ou critique notre aide
  • Si l’autre devient dépendant et exige de plus en plus notre aide
  • Si après avoir aidé l’autre, nous nous sentons vidés de notre énergie

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